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Ca m’horripile toujours d’entendre la distinction grec ancien /grec moderne et j’ai carrément disjoncté en lisant le titre du roman de l’Abbé Prévost Histoire d’une grecque moderne… Ca vous ferait plaisir vous, si on vous qualifiait de « moderne » et si on précisait que vous parlez une langue « moderne » ? Et vous croyez que ça fait plaisir aux Grecs ? Pour moi, le grec c’est du grec depuis 4000 ans, un point c’est tout ! Bien sûr, je ne suis pas complètement niaise, je sais qu’il y a plusieurs états de la langue… et qu’il y a en a même beaucoup si on compte les différents dialectes. Mais couper en rondelles une langue, même si elle a fait preuve d’une grande longévité, est un non-sens. Je préfère dire qu’il y a des byzantinistes, des néo-hellénistes et, je sais que j’en énerve certains en utilisant ce mot dont j’assume la paternité : des archaio-hellénistes. Pourtant j’ai beau rouspéter, je suis obligée de faire la distinction moi-aussi entre ancien et moderne car sinon personne ne comprend de quoi je parle. Dans l’esprit de beaucoup, le grec c’est toujours du grec ancien et donc je précise « moderne » à tout bout de champ. D’ailleurs, ça ne date pas d’hier car l’Abbé Prévost en parlant de Charlotte Aïssé qui a vécu au XVII° siècle écrit encore « grecque moderne ». C’est quand même affligeant ! Et puis cet Abbé Prévost, quelle idée de raconter n’importe quoi sur Charlotte Aïssé, qui fut une épistolière de talent ! Si elle a bien été adoptée par l’Ambassadeur de France à Constantinople, ce n’était pas une jeune fille mais une enfant de 4 ans, elle ne s’appelait pas Théophé mais Aïcha et n’était pas grecque mais circassienne !
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