La flotte à sec…

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L’entrée de ce que l’on appelle «  la Corne d’or » à Constantinople est barrée par une chaîne. C’est un moyen minimaliste et très efficace pour empêcher les bateaux de rentrer dans un port. La Corne d’or est un estuaire qui se jette dans le Bosphore. Il est assez large (environ deux kilomètres) pour ressembler à une mer intérieure allongée. On comprend aisément que celui qui tient la Corne d’or tient Constantinople ! Une des défenses des Byzantins était d’empêcher la flotte ottomane de s’y infiltrer et, avec leur chaîne faite de boules de bois et de crochets de fer, ils étaient sûrs de leur coup ! Elle était tendue de la tour de Mangana à celle de Galata sur l’autre rive. Nous sommes en 1453 et à l’intérieur de la Corne d’or seulement 26 navires sont alignés coque contre coque, presque sans surveillance. Car les marins prêtent main forte sur les remparts. On sent bien que le camp ottoman s’agite et a l’air de tramer quelque chose, mais les Byzantins sont tranquilles, les navires ottomans sont assez loin à  l’est du Bosphore et surtout … derrière la chaîne ! Ils sont loin d’imaginer ce qui va se passer. En une nuit et dans le plus grand silence les troupes ottomanes font passer… certains disent 70 grands caïques à vingt rames, d’autres plus de 200 par voie de terre ! Il a fallu à l’amiral Zagan Pacha trois jours et deux nuits de préparation pour détourner l’attention de Génois qui étaient postés en renfort à Galata, confectionner des sortes de chariots en bois, installer des rails, les graisser et surtout monter la colline de Péra, sans parler de la descente… Les Byzantins sont réveillés par le tumulte des tambours qui saluent cette épopée nocturne et ils comprennent qu’ils sont fichus !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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