Une drôle d’assurance…

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« Il a navigué trente ans sans autre interruption que, tous les cinq ans environ, un retour à Miroulos où  il remettait ses économies à ses soeurs pour qu’elles se mariassent à tour de rôle. Le malheureux en avait cinq, catastrophe qui peut gâcher la vie d’un homme en Grèce puisque dans les familles pauvres c’est le frère aîné  qui offre les dots de ses soeurs. » Ce qui est arrivé au héros d’une nouvelle du Rendez-vous de Patmos de Michel Déon dans les années soixante est arrivé, hélas, à beaucoup d’autres…  Le système de la dot est une fausse bonne idée qui a germé dans le coeur des parents de la mariée pour de bonnes raisons et dans la tête du marié et de ses parents souvent pour de mauvaises. Au départ elle se voulait comme un pécule qui assurait à la mariée une vie plus confortable et la possibilité de se faire aider à la maison, l’assurance d’être bien traitée par sa belle-famille car l’intérêt plus que l’amour était la base des mariages, la certitude de ne pas être obligée de travailler durement dans les champs, la possibilité de reprendre son pécule et de s’en aller si le mariage tournait mal… une sorte d’assurance sociale avant l’heure. Les parents achetaient pour leur fille la tranquillité, le bien-être et une position enviable au sein de sa nouvelle famille. Cette coutume ancienne pratiquée dès l’Antiquité met en évidence les raisons qui ont longtemps présidé à l’union de deux personnes. Ce qui semble actuellement marginal a été par le passé la règle quasi générale : les mariages étaient arrangés par les parents, l’amour n’était pas un critère de choix, la plupart des femmes étaient obligées de travailler dans les champs et, quand elle se mariait à plus de 10 kms de chez elle, la jeune femme n’avait plus la possibilité de revenir dans sa maison natale pour y trouver de l’aide !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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