Aveu rue Acadimias, 7

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d’après le roman policier de Yannis Maris Meurtre à Kolonaki.

Myrthô pourrait très facilement demander de l’aide pour se débarrasser de Dimitri qui la suit dans la rue, puisque les clients qui se trouvent sur la terrasse du café sont justement en train de la regarder. Or elle réagit tout autrement, en se contentant, toujours en montant vers la colline du lycabette, de tourner à droite dans la rue Solon et de se diriger vers le centre de Kolonaki et la place du même nom. En fait, elle se comporte comme si elle désirait rendre leur rencontre  inévitable, en amenant Dimitri Floras dans des endroits de plus en plus réduits et de plus en plus déserts. C’est donc là qu’ils font leur jonction, dans ce quartier cossu et tranquille où s’est joué le drame qui a donné son nom au livre.

« Προχώρησαν προσ την οδό Σόλωνος μαζί. »

« Ils s’avancèrent ensemble dans la rue Solonos. »

Myrthô n’est plus pressée et Dimitri n’arrive pas à lui dire ce qui le tourmente. Son cheminement intérieur, fait de tours et de détours à l’image de son errance dans la ville, le paralyse.

« -Τότε, ας καθίσουμε οπουδήποτε. Θα βρούμε μερός, στην πλατεία, στο Κολωνάκι.

– Καλά.

Καθώς έκαναν να περάσουν την οδό Ακαδημίας, ο Δημήτρης είπε·

– Ο πατέρας μου είναι αθώος. »

« – Alors, asseyons-nous n’importe où. Nous trouverons un endroit sur la place à Kolonaki.

– Bien.

Comme ils passaient rue Acadimias, Dimitri dit :

– Mon père est innocent ! »

A ce moment-là, il faut imaginer que, tout en parlant et peut-être pour différer un aveu si difficile à faire, ils retournent sur leurs pas, car pour se rendre place Kolonaki il leur faudrait logiquement continuer jusqu’au bout de la rue Solon. Passer par la rue de l’Académie est un détour inutile. Dimitri tourne en rond, au sens propre comme au sens figuré, dans ce quartier qui est l’épicentre de son malheur. Il ressasse son désespoir, ne sait quel parti prendre ni par quel bout commencer son enquête. Alors que Myrthô lui propose un arrêt sur un banc de la place où il pourrait se confier plus sereinement, il ne peut plus contenir son aveu qui explose brutalement, comme une délivrance, tout en marchant, dans l’urgence…

Photo: Athènes, place Kolonaki. (c) tous droits réservés à GP.

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