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Actuellement, on demanderait plutôt un verre de malaga ou de muscat … mais nous sommes au XV° siècle à Monemvasia dans la péninsule la plus à l’est du sud du Péloponnèse. Ce qui frappe en arrivant, c’est la rade surplombée d’un rocher colossal de plus de 300 mètres de haut. La forteresse nichée au sommet est pratiquement invisible. C’est tout l’art du camouflage militaire, et comme elle est reliée au village par une étroite digue, on peut dire que le site est pratiquement imprenable ! D’ailleurs Guillaume de Villehardouin en 1248 a mis 3 ans pour s’en emparer et pour cela il a eu bien besoin des Cisterciens. Qu’est-ce que les disciples de Saint-Bernard viennent faire là-dedans ? Ce sont eux qui ont adoubé la IV° croisade prêchée par des prédicateurs proches de leur ordre comme Foulques de Neuilly, qui ont guidé et conduit les expéditions, qui ont impliqué les grandes familles féodales de France, qui ont recherché l’aide des Templiers et des Chevaliers de Saint-Jean… Et ces mêmes Chevaliers de Saint-Jean avaient une commanderie à Monemvasia dont l’autre nom est Malvoisie ! Au moyen-âge, ce vin très célèbre est exporté partout… et on raconte même qu’un Plantagenêt, condamné à mort, a choisi de mourir noyé dans une barrique de ce vin doux naturel dont on aurait pu dire qu’il était « le petit Jésus en culotte de velours »…
Photo: taverne sur l’eau à Thérasia. (c) tous droits réservés à GP.