On a beau ne pas être superstitieux…

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…quand on est confronté à certains phénomènes inexplicables par la logique, on est obligé de croire et surtout d’agir, car ce qui prime c’est l’instinct de survie et la peur de faire subir des risques à ceux que l’on aime. C’est ce qui arrive à Michel Déon. Il raconte dans un court épisode du Rendez-vous de Patmos qu’au retour d’une promenade sa fille arrive à la maison en état de catalepsie. Η κατάληψη c’est la « prise de possession ». L’enfant paraît possédée, par quoi ? par qui ? et surtout comment ? Vu son jeune âge, elle n’est pas en état d’être réceptive ou non, c’est donc « quelque chose » qu’elle a entièrement subi. Ses parents se résolvent à recourir à une voisine qui va procéder à un exorcisme. L’exorcisme, du point de vue étymologique « l’action de prêter serment », est un acte solennel et sacré dont on a des traces dans la littérature. Il relève de pratiques souvent basées sur des rites simples, du moins en apparence : un verre d’eau, de l’huile… C’est quasiment le rite de la fabrication des veilleuses à mettre devant les images pieuses, c’est aussi la pratique des rebouteuses qui soignent les insolations et « enlèvent le feu ». Déon parle au nom de la raison, il ne croit ni au mauvais oeil, ni aux sorts, ni à la sorcellerie… et pourtant, cette fois-ci,  il va s’accommoder des exorcismes. Bien qu’il n’en dise rien, on sent que sous l’emprise de la peur pour la première fois il a envisagé de ne plus être maître de son destin…

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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