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Parmi tous ceux qui connaissent le film hollywoodien « Fantasia », datant de 1940 et mettant en scène un apprenti sorcier sous les traits de Mickey Mouse, combien font-ils le rapport avec le poème symphonique de Paul Dukas, composé en 1870 et intitulé « l’apprenti sorcier » ? Et encore parmi ces derniers, combien savent-ils que le musicien s’est inspiré du poème de Goethe intitulé également « l’apprenti sorcier » et écrit en 1797 ? On pourrait continuer encore, car ce thème très ancien se trouve déjà chez Lucien de Samosate, rhéteur du + II° siècle, dans le texte intitulé l’Ami du mensonge. Lors d’un banquet entre amis, esprits forts et superstitieux s’affrontent et chacun y va de son histoire farfelue et, assurent-ils, plus vraie que vraie ! Cette fois-ci il s’agit du scribe égyptien Pancrate, personnage fantasque et mystérieux qui, paraît-il, nage dans le Nil au milieu des crocodiles et qui utilise soit un balai soit un pilon habillé de guenilles pour vaquer tout seul aux soins de la maison. La suite on la connaît… Mais la formule de seulement trois syllabes assez facile à mémoriser et le refus de communiquer le secret entretenu avec soin sont une incitation plus que probable de Pancrate à la transgression… Sinon pourquoi pratiquerait-il devant son ami Eucrate, sortirait-il et le laisserait-il seul avec le pilon ? Eucrate est bien puni car l’incantation ne suffit pas pour arrêter la catastrophe qui se produit. Il y a « autre chose » qui est inconnu de lui et qui s’avère le plus important. Tout va de mal en pis. Aucune solution sinon l’aveu de sa bêtise et Pancrate a tout lieu d’être satisfait : Maintenant Eucrate croit dur comme fer à la magie !
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