Mosaïques et mystères…

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Les mosaïques d’Ossios Loukas créent un grand catéchisme bien visible de tous, mais elles gardent leur part de mystères. Dans le narthex, le Christ pointe de son doigt un livre et invite les fidèles à lire un passage de la bible : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, car il aura la lumière de la vie ». Malheureusement les textes sont toujours assez difficiles à déchiffrer. Les tessères carrés n’épousent pas forcément les contours des lettres. Certaines sont modifiées par rapport à celles que nous connaissons : Le Σ est remplacé par le sigma lunaire C. Des ligatures – une sorte de gamma minuscule plus renflé représente un ου – et des abréviations gênent la compréhension des inscriptions : ἄγιος devient un A majuscule inscrit dans un cercle (un peu comme le A de Anarchie) mais il est surmonté d’une petite lune couchée pointes en l’air. Les mots peuvent être coupés, comme dans la scène de la crucifixion où l’inscription Η CΤΑV –  ΡΩCΙC encadre la figure du Christ. Heureusement que souvent un nom dans un arc : Luc, Simon ou Matthieu aide à identifier les scènes. On se rend rapidement compte que tout est codifié et signifiant: l’écriture et la composition des mots, les gestes des personnages et la position de leurs doigts, les représentations énigmatiques … Toujours dans cette même scène, une curieuse figurine, qui semble cornue, attire notre attention au pied de la croix. Un triangle pour représenter le nez, deux ronds pour les yeux, deux traits épais pour la bouche évoquent un dessin enfantin… et pourtant elle représente le crâne d’Adam et identifie du même coup la colline du Golgotha figurée, par ailleurs, par un petit monticule zébré….

Photo: Crucifixion et crâne d’Adam. Tous droits réservés à GP.

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