L’histoire du marin grec …

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… n’est pas un mythe. Bien rares sont les familles qui n’ont pas quelque marin dans un placard ! L’insularité, la pauvreté des sols, le goût de l’aventure ont favorisé un exode rural vers la marine nationale ou la marine marchande. Le bateau peut battre pavillon panaméen, le marin lui est grec ! Je me rappelle avoir discuté de tout et de rien avec un pilote de ferry, à côté de lui dans le poste de pilotage. Il m’a seulement demandé de me taire quand le bateau est entré dans le port et je l’ai vu faire accoster son bateau, comme on gare en ville une petite voiture : un petit coup de barre à gauche, un petit coup à droite… et voilà, c’est fait ! L’énorme ferry est à quai bien comme il faut… Et le marin a repris la conversation là où nous l’avions interrompue. Lors d’une traversée épouvantable entre Santorin et l’île de Thérasia, je revois les passagers agrippés les uns aux autres, accrochés à tout ce qui peut leur donner un semblant de stabilité. La barre tenue à deux doigts, le marin coupe les gaz dès qu’on aborde une vague plus forte et les remet l’instant d’après, tout en continuant à discuter tranquillement avec ceux qui tiennent encore le coup. Pour les marins grecs, rien d’impossible !  Mais le pompon revient quand même au capitaine grec du Rendez-vous de Patmos de Michel Déon, qui vend son caïque pittoresque à Brest et revient à la rame à Spetsai en passant par Gibraltar. Quand il arrive à bon port, on lui demande : «  Vous ne venez pas de Patras, j’espère, avec le temps qu’il fait ? »

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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