Le grec, la langue sans faute d’orthographe ?

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En effet une langue où chaque lettre est prononcée est une aubaine inespérée ! Cependant laissons notre enthousiasme de côté et regardons les graffiti sur les murs des villes et des villages. Ils donnent une bonne idée du niveau d’instruction d’une population, car on suppose à tort ou à raison que ce sont plutôt les personnes éloignées des moyens d’expression classiques qui écrivent sur les murs…                                                    

-A regarder de près les graffiti, on s’aperçoit que les erreurs ont trait neuf fois sur dix à des confusions entre les divers sons « é » et « i ». Γυνάικα femme par exemple écrit γηνέκα. Ces formes fautives ont été par le passé appelées « fautes du copiste », engendrées par des schémas de pensée et d’écriture répétitifs. En somme ce que j’appelle « le cafouillage de l’équeuteur d’haricots verts » ! Actuellement ces erreurs basées sur une phonétique identique attestent plutôt du niveau d’études de l’auteur. Je me rappelle avoir eu entre les mains une lettre envoyée par un fils travaillant en Allemagne à sa mère, illettrée, restée au pays. Le fils, lui, savait lire et écrire mais il confondait à peu près tous les « é » et les « i ».  

-En cherchant un peu plus, on trouve également de nombreuses approximations phonétiques qui sont devenues de vrais mots respectables, par exemple  παιγνίδι  jeu/jouet à côté de παιχνίδι.

-Et puis il y a les formes concurrentes qui attestent de différents  états de la langue: πράγμα/ πράμμα/ πράμα chose. Laquelle est la bonne ? Eh bien toutes les trois ! Suivant ma préférence pour  une forme savante ou plus populaire – notons que la tendance est à la simplification- je choisis pour m’exprimer l’une ou l’autre. Finalement, en grec l’orthographe est assez élastique …

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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