Porosité des langues…

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Les langues sont poreuses et s’influencent durablement, du moins dans certains domaines. Chacune a, en quelque sorte, sa spécialité. C’est ce qui est arrivé aux langues grecque et turque, en particulier dans le monde de la cuisine ou plus généralement alimentaire. Le turc manav  « marchand de fruits et légumes » est passé en grec sous la forme ο μανάβης et c’est le même cheminement pour bakkal  « épicerie » qui a donné en grec το μπακάλικο et « épicier » ο μπακάλης.  Dans ce dernier cas la porosité a joué à fond, de langue à langue, sans qu’on sache vraiment qui a commencé puisque on retrouve cette même racine dans bon nombre de langues du pourtour méditerranéen. On la retrouve dans l’espagnol bacalao, le grec μπακαλιάρος, le catalan bacallà, le portugais bacalhau qui signifient « morue ». L’épicier ne serait pas, comme en français, celui qui vend des épices mais le marchand de morue et c’est très logique car c’est bien lui qui vend ce poisson séché en barrique ! 

Photo: Palangre. (c) tous droits réservés à GP. 

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