Vendetta…

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« Je vais te tuer un jour ou l’autre, mais tu dois le savoir … Car il faut que tu aies peur, que tu vives avec cette pensée horrible, que tu payes trois fois : dans ta vie, dans ton esprit et dans ton coeur. »  Et pour quelle raison ? Parfois parce qu’on a soi-même tué, ou que quelqu’un de sa famille a tué car la vendetta se délègue et qu’on en hérite si le premier désigné vient à faire défaut. Dans le Soleil de la mort de Pandélis Prévélakis,  le jeune héros, malgré ses 13 ou 14 ans, a un contrat sur sa tête suite à  la mort de son cousin à la guerre qui l’a soustrait à la vengeance d’un villageois. Sa tante fait tout pour qu’il ignore ce qui l’attend mais tout le village est au courant et les femmes commencent à composer son mirologue car pour elles c’est sûr le gamin mourra ! Parfois parce qu’on a commis un crime d’honneur. Dans Pâques au village d’Antonis Sourounis, Photis décide d’affronter son destin :

«  Je savais que son oncle avait juré de le tuer si jamais il remettait les pieds au village. Il l’avait juré en public, au café, de sorte à ne pas pouvoir reculer et à être obligé de liquider son neveu coûte que coûte. Photis ne m’avait pas dit la raison, et je ne le lui avais pas demandé non plus. Je l’avais trouvée tout seul. Puisque, dans la province grecque, on ne vous tue que si vous avez tâté la terre ou la femme d’autrui et que Photis ne se préoccupait même pas de sa propre terre, la déduction était facile. » (p. 12).

C’est lors d’une danse, le Zeibékiko, que le jeune homme affronte son oncle en public, justement au café et que la vendetta, pour une fois,  se résout pacifiquement dans un simulacre de mise à mort.

Photo: Moulins de Karpathos. (c) tous droits réservés à GP.

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