Des vertes et des pas mûres… 17

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Il en a vu de vertes et de pas mûres l’Erechthéion ! D’abord on a attendu pour le construire que les Athéniens  aient fini la guerre du Péloponnèse, ensuite Périklès, qui supervisait les travaux de l’Acropole, se disputait avec Cimon un autre grand personnage d’Athènes, puis il a été construit en plusieurs tranches à cause des luttes entre les Athéniens et leurs ennemis héréditaires les Spartiates – ce sont les habitants de Sparte. Au Moyen-Âge, il a été transformé en basilique chrétienne comme beaucoup de temples. C’est d’ailleurs une manie quasi universelle… La plupart du temps les lieux de cultes ne sont pas détruits mais ré-occupés par d’autres religions. C’est pour ça qu’à moment donné il y avait sur le Parthénon un minaret mahométan que les Athéniens se sont empressés de détruire quand les Turcs sont partis ! Et après ? Après ? l’Erechthéion est devenu le palais du gouverneur … car le pays a été occupé par les Francs lors des Croisades, puis par le commandant de la garnison turque. Ca nous paraît invraisemblable, comme si Notre-Dame de Paris avait été un hôtel de luxe… Malgré tout, ces changements n’ont pas eu que des inconvénients… Quand l’Erechthéion était un palais habité, il était bien entretenu et les Turcs ont même fait creuser des citernes pour récupérer l’eau de pluie. Pensez au Parthénon, lui, qui a reçu des boulets de canons et qui a explosé un peu de tous les côtés… Ce bâtiment, à cheval sur plusieurs niveaux de terrain … comme s’il y avait un étage de différence, a une grande salle coupée en deux et un portique. Il a fallu faire tout un tas de trucs bizarres pour compenser ces 3 mètres de différence : des demi-colonnes avec des grilles au-dessus, une loggia ou si tu préfères une sorte de  terrasse couverte en hauteur, une petite porte, un escalier secret… et un autel -c’est comme une table- sur lequel on offrait en sacrifice des petits pains sucrés. Deux dieux se partageaient le temple : d’abord Erechthée, le roi serpent, dont la tombe se trouvait sous le temple, puis Athéna Polias, ça veut dire la « Protectrice de la cité ». On connaît déjà Athéna Parthénos, « Athéna la Jeune-fille », et il y avait encore beaucoup de dédicaces pour cette déesse. C’est un peu comme pour la mère de Jésus de Nazareth. On peut dire : « Notre-Dame, la Vierge, la Bonne-mère, la Madone »… ce sont des adjectifs qu’on accole au nom de Marie suivant ce qu’on lui demande. C’était la même chose pour les dieux des Grecs de l’Antiquité. Suivant la dédicace, on priait le dieu différemment et on lui affectait en quelque sorte une mission différente !

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