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Maintenant il faut que je t’explique comment on fait une colonne… car tu vas voir que sur l’Acropole il y en a partout ! Si la colonne est relativement petite, on peut essayer de l’extraire en entier dans une carrière de marbre. C’est le matériau grec par excellence et finalement le moins cher, car du marbre il y en a partout en Grèce ! Le marbre de l’Acropole venait de la colline du Pentélique qui se trouve tout près. La plupart des carrières étaient à ciel ouvert. On creusait à la pelle et à la pioche puis en faisant des cercles concentriques qui s’enfonçaient dans le sol. Mais il y avait beaucoup d’autres carrière en Grèce, par exemple celles de l’île de Paros connue pour son marbre bien blanc. Le marbre est une roche assez transparente, brillante si on la polit, avec des couleurs qui vont du blanc au rouge ou au vert et qui est très solide… Mais comme elle a des veines, il faut faire très attention en la travaillant car elle peut casser et même se briser en deux s’il y a une petite faille qu’on n’a pas bien vue. Par contre, on peut utiliser ces microfailles pour l’extraire avec un maillet et des ciseaux de sculpteur. La qualité d’un marbre, c’est sa transparence. Pour déterminer quelle roche est la plus précieuse, on peut placer des plaques de marbre provenant de différentes carrières sur un dessin par exemple et ce jusqu’à ce qu’on ne voit plus rien. Il paraît qu’un peut voir à travers un morceau de marbre de Paros de 4 mms d’épaisseur ! A Paros, l’extraction de la roche se faisaient dans de grands couloirs souterrains hauts comme des cathédrales. Evidemment plus on s’enfonce dans la mine, plus c’est dangereux pour les esclaves qui y travaillent. D’abord on n’y voit rien, puis on risque de recevoir une pierre sur la figure, de tomber car le marbre est très glissant surtout quand le temps est humide, il faut pousser sur des rouleaux de bois d’énormes blocs qui pèsent plusieurs tonnes et risquent de vous écraser… Bref quand on voit ces magnifiques colonnes, il faut penser à tous ceux qui ont transpiré et même péri pour les réaliser… Si tu as l’occasion, vas à Caunes-Minervois dans l’Aude dans la carrière du Roy et tu verras comment au XVII° siècle, donc avec davantage de moyens techniques, on a extrait des tonnes de marbre rouge du Languedoc. Ca te donnera une bonne idée de ce qu’on a pu faire dans l’Antiquité. A Caunes justement, on voit encore une colonne à demi-dégagée et qui était destinée au Petit Trianon à Versailles. On a gratté de chaque côté de la colonne, avec des coins de bois qu’on a mouillés, on a fait partir la roche petits éclats par petits éclats et peu à peu on a fait le tour de la colonne. On faisait exactement pareil en Grèce pour les colonnes qui n’étaient pas trop importantes.
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