Des Grecs rayés du paysage… 6

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 Depuis 1922 et la Grande Catastrophe, comme disent les Grecs, ceux-ci n’ont plus vraiment confiance dans l’Occident qui, considèrent-ils, les a abandonnés. Lors de la défaite d’Asie Mineure, les troupes des grandes puissances cantonnées dans le golfe de Smyrne, devant la ville qui se trouvait à portée de canons de leurs navires de guerre, n’ont pas bougé d’un iota quand les Smyrniotes (les habitants de Smyrne)  ont été repoussés à la mer et massacrés par les troupes turques. Et pourtant les Grecs affirmaient avec fierté qu’ils était Romii, c’est-à-dire non pas Romains mais occidentaux par opposition aux Turcs considérés comme des orientaux. Ce sentiment d’abandon va grandir avec les déplacements de populations qui furent la conséquence du traité de Lausanne en 1923, puis plus tard avec la deuxième guerre mondiale et son cortège de déportés. Ce qui fait dire à Aris Fakinos dans La Vie volée :

« Eux, les pauvres, lorsqu’ils rentrèrent chez eux après dix, quinze, vingt ans de déportation et de clandestinité, aucun micro ne se tendit vers eux pour les interviewer, aucun journaliste ne leur demanda de raconter les affres de leur vie, les choses terrifiantes qu’ils avaient vues de leurs yeux. Personne en Europe ne se soucia de leur sort à eux, leur existence fut même oubliée par les leurs, dans leur propre pays . » ( p. 112)

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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