On leur a coupé les ailes ! 6

Temps de lecture: 5 minutes

A l’usage exclusif des lecteurs de moins d’1,35 m !

Tu te rappelles que le temple d’Athéna Niké est construit sur une sorte de bastion – c’est un endroit fortifié- quasi dans le vide. Il y a donc trois côtés qu’on ne peut pas bien voir à moins de faire du rappel sur la falaise … Mais l’architecte de ce temple, qui était le même que celui du Parthénon, a voulu qu’on les remarque quand même. Il a placé en dessous du toit des sculptures qui représentent les combats des Grecs contre les Barbares. Pour les Grecs, tous les autres peuples étaient des Barbares ! D’ailleurs barbare veut dire « celui qui bafouille, qu’on ne comprend pas ». Donc chaque fois que les Grecs se battaient contre un peuple, c’était forcément contre des Barbares ! Et en plus l’architecte, sur les trois coins du toit qui se trouvent dans le vide, a placé des statues de Nikés aptères qu’on voit de loin. Qu’est-ce que c’est que ce truc là ? Ce sont des statues d’Athéna la victorieuse à la guerre, on les appelle des Victoires et en général elles ont des ailes. Au musée du Louvre à Paris, il y a une immense déesse ailée, qui hélas a perdu sa tête : la Victoire de Samothrace. Mais les trois Victoires de ce temple n’ont pas d’ailes, elle sont « aptères ». En grec la lettre a au début d’un mot veut dire « sans ». Et pourquoi donc ? Là il faut faire intervenir notre ami Pausanias, qui rapporte une légende qui dit que les Athéniens ont coupé les ailes aux Victoires pour qu’elles ne puissent pas s’envoler et quitter un jour leur petit temple de l’Acropole ! Donc ces trois Victoires montrent bien à tous que le temple était dédié à Athéna Niké, la victorieuse ! Pas d’erreur possible. Mais il n’a pas eu une existence de tout repos… En 1687, au XVII° siècle, les Turcs qui occupaient l’Acropole ont démoli le temple pour récupérer ses pierres. Ils voulaient en faire une fortification, avec du marbre bien blanc et des pierres sculptées … Quelle idée ! Ils s’en fichaient, pour eux les Grecs étaient des ennemis et tout ce qui était grec pouvait être cassé et démoli. Ce n’est qu’au XIX° siècle, deux cents ans plus tard que des archéologues allemands et danois l’ont reconstruit… et pas de chance… après la seconde guerre mondiale au XX° siècle, il a fallu encore le démonter et le remonter car le bastion, sur lequel il était construit, menaçait de s’effondrer. Cette fois-ci ce sont des archéologues grecs qui se sont chargés de déposer chaque pierre une à une comme il faut et tout s’est bien passé. Mais tu vois que ce joli petit temple en a vu des vertes et des pas mûres…

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

Laisser un commentaire