La Grèce trahie et abandonnée, 4

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Dans les années de tourmente et de confusion évoquées par Aris Fakinos dans la Vie volée l’Europe ne va pas de soi, les Grecs veulent faire un repli national sur les valeurs grecques. Depuis la période ottomane qui dura quatre siècles, le pays a subi une dynastie étrangère imposée par les grandes puissances. Les Russes, les Anglais, les Allemands et les Français mirent sur le trône d’Athènes, nouvellement créé et sans demander leur avis aux Grecs, Othon prince bavarois sans couronne, puis c’est un souverain élu Georges 1° qui vint tout droit du Danemark. Ensuite la Grèce vit défiler d’autres présences qui devinrent partout indésirables: Bulgares, Italiens et Allemands. Les Anglais qui voulaient peser sur le destin de la Grèce nouvellement libérée ont succédé aux Allemands, ont traqué les communistes tout autant que les gendarmes grecs et la Sûreté, et finalement ont imposé un gouvernement aux Grecs qui se sont sentis trahis par leurs anciens alliés. A ce moment-là, plus personne ne sait qui est ami ou ennemi :

«  Elle n’oubliera jamais le jour où les hommes de l’ELAS revinrent avec les mules prendre les caisses pour les transporter jusqu’au train qui devait les ramener à Athènes. Ils avaient le visage sombre, ils ne parlaient plus de liberté et d’indépendance, ils chargeaient les antiquités sur les mulets sans rien dire, les dents serrées. C’est alors qu’Anestis lui expliqua ce qui se passait : elle devait faire très attention car la situation a Athènes était dangereuse, explosive ; à tout moment des incidents pouvaient éclater, les tueries recommencer. Les Allemands avaient bien fichu le camp, lui dit-il, mais à leur place les Anglais avaient rappliqué, ils avaient nommé un gouvernement à leur botte et contrôlaient tout, ils interdisaient aux unités de l’ELAS d’entrer dans la capitale. (…) Les Anglais avaient installé des barrages à toutes les portes de la ville, à tous les points sensibles, ils filtraient les passants, faisaient des contrôles d’identité systématiques. Comme sous les Allemands, les Athéniens devaient s’arrêter, les soldats du général Scobie leur ordonnaient de lever les bras en l’air et les fouillaient minutieusement. » ( p. 38).

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