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La Vie volée nous entraîne a posteriori en plein conflit mondial. Le récit d’Aris Fakinos est entrecoupé de retours en arrière, du temps où le résistant Anestis appartenait à l’ELAS, branche armée de l’EAM le mouvement populaire de résistance qui comptait jusqu’à 50 000 hommes pour la seule région d’Athènes :
« Nous n’avions pas d’autre choix durant ces années-là, se dit Anestis. Les Allemands s’étaient abattus sur nous comme une nuée de sauterelles, ils ravageaient la Grèce, ne laissaient partout que désolation, exécutaient à tour de bras, rayaient de la carte des villages entiers. Que nous restait-il d’autre que la lutte et l’espoir de la liberté et de l’indépendance ? Comment ne pas faire de rêves ? Comment ne pas se consoler avec quelques belles visions ? L’esclave qui veut se libérer ne réfléchit pas cent sept ans au pourquoi et au comment. Il prend le fusil qu’on lui tend et se lance dans la bataille, sans se préoccuper de savoir si ses aspirations deviendront un jour réalité, il ne lui vient pas à l’esprit de demander des garanties écrites à l’Histoire. » ( p. 154)
L’esclave prend un fusil pour combattre. Il n’est plus le dominé fataliste de l’Antiquité. La lutte de l’esclave des temps modernes, celui que le joug nazi réduit en esclavage, se confond avec toutes les luttes contre tous les esclavages.
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