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Le géographe et historien grec Pausanias, né en +130 en Lydie – région de l’actuelle Turquie-, est arrivé à Athènes par l’Est car c’était un grec de l’étranger, un oriental qui a un point de vue souvent intéressant parce que différent des autres voyageurs. Il sait de quoi il parle car il a beaucoup voyagé. Il est allé à Jérusalem en Palestine, à Antioche en Turquie, à Thèbes en Egypte, à Rhodes – une île grecque du Dodécanèse proche de la Turquie-, à Byzance -c’est l’ancien nom d’Istanbul la capitale de la Turquie- … bref un peu partout en Méditerranée. Il compare la Grèce avec tous ces pays. C’était le correspondant du guide Michelin… de l’époque ! Eh bien grâce à lui on a plein de renseignements sur Athènes. Arrivé en bateau par le sud d’Athènes, il est passé au cap Sounion devant le beau temple de Poséidon qui sert maintenant de cadre à toutes les photos de mariage, a contourné la côte par la gauche, est arrivé à l’Ancienne Phalère car c’était le port d’Athènes à cette époque-là. Puis on ne sait pas ce qu’il a trafiqué, il a fait des tours et des détours et on s’y perd un peu… Soit il a gagné le Pirée et emprunté la route des Longs Murs jusqu’à Athènes. C’étaient deux grands murs fortifiés qui protégeaient au milieu une route pour ainsi dire « enfermée » et sécurisée sur plus de 20 kilomètres. Soit depuis l’Ancienne Phalère, il est allé tout droit jusqu’à Athènes, car les premiers monuments dont il parle sont justement ceux de ce périmètre. Ce qui est amusant c’est que la route des Longs Murs existe encore, c’est le tracé actuel du métro, et la route de Phalère c’est maintenant le boulevard Syngrou. Les archéologues utilisent les écrits de Pausanias car il ne rate aucune statue, aucun temple, aucune histoire, il est curieux de tout. Et même ce qu’il dit (ou ne dit pas) permet de dater certains monuments, car il y en a de magnifiques dont il ne parle pas… Comme c’est un bavard incorrigible, soit les hordes barbares « genre Attila » venues du nord avaient déjà détruit ces superbes monuments à son époque soit ils n’étaient pas encore construits ! Ah ! il n’est pas facile à suivre Pausanias… il faut s’accrocher ! Il passe du coq à l’âne, écrit des histoires puis il dit qu’elles sont idiotes, se corrige plusieurs fois et se lance dans des généalogies interminables … Bref ! il est énervant… Mais il est cultivé, honnête (c’est pour ça qu’il change souvent d’avis), scrupuleux -il a peur de mal faire- et grâce à lui on a comme un documentaire, un film en VO sur un monde qu’on ne connaîtra plus jamais. Car étudier l’Antiquité, ce n’est pas facile au XXI° siècle ! Heureusement que Pausanias est là…
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