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Le dernier texte littéraire mentionnant la princesse Europé, datant du -II° siècle, est l’Europé de Moschos. C’est le plus grand développement de l’histoire d’Europé, puisqu’il s’agit d’un poème de 165 vers. Dans l’édition commentée qu’il en a fait, Emile Legrand nous fait remarquer que : « L’aventure d’Europé, le transfert de son nom à l’une des parties du monde (…) étaient choses de notoriété publique. » Il rappelle également « la promesse faite par le roi des dieux que tous les fils qui lui naîtront de sa nouvelle amante seraient des porteurs de sceptres. » C’est selon l’expression de Legrand « un joli conte bleu tiré de la mythologie » qui se termine, comme dans tous les contes, sur le bonheur de Zeus et d’Europé et la mention de leur progéniture. En fait, ce poème est une succession de quelques tableaux : d’abord le songe prémonitoire que Kypris, la déesse de Chypre – c’est-à-dire Aphrodite- envoie à Europé, puis la description du panier d’Europé gravé de scènes prémonitoires, puis ses jeux dans l’herbe avec ses compagnes qui mettent en scène l’innocence et la naïveté de la jeune-fille. Enfin, c’est l’arrivée du taureau qui n’a rien de réel : il embaume, nage comme un dauphin et marche sur l’eau. D’ailleurs les seules questions qu’Europé pose à Zeus montrent son jeune âge et son ingénuité, car sa seule angoisse est que le taureau ne puisse pas trouver de nourriture à sa convenance dans la mer. Finalement Moschos fait d’Europé une bécasse… on est loin de la fondatrice de l’Europe !
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