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Quand on arrive à Athènes c’est généralement en bateau, en avion ou en voiture, car maintenant c’est beaucoup plus rare d’y arriver à pieds ou en âne ! En voiture, c’est la cata car on est embringué dans tout un tas de voies express, de bretelles d’autoroute, de banlieues moches avec des hangars et des parkings remplis de voitures… Mais ce qui sauve tout, c’est qu’on aperçoit dans les vallons des petites maisons blanches et qu’on se dit : « Ah ! il y a quand même des gens vivant avec des chats, des enfants et des ennuis de tous les jours et pas seulement des zones marchandes et des lieux de stockage pour les géants de la grande distribution… » Quand on arrive en bateau, on est encore tout secoué de la traversée du canal de Corinthe où le bateau a sagement attendu l’arrivée d’un remorqueur pour faire la traversée. Le canal a l’air si étroit qu’on a l’impression qu’en étendant la main on pourrait en toucher les parois. La première fois que j’ai fait cette traversée, c’était lors d’une éclipse de lune en juillet 1971 et je n’oublierai jamais le bateau puissant et aveugle dans cette clarté grise où on ne distinguait presque rien. Je me disais : « Ah ! pourvu qu’on ne racle pas les bords… » J’imaginais déjà de grandes étincelles qui allaient éclairer la nuit comme un gigantesque feu d’artifice, mais aussi mettraient vraisemblablement le feu à tout le bateau ! Puis au matin, le soleil repointait son nez et en se penchant sur les plats-bords on voyait une eau transparente, bleue et verte ou encore argentée. Les Grecs ont tout un tas de mots pour parler de la mer, presque autant que les Inuits en ont pour parler de la neige, et c’est toujours surprenant. Ils parlent de la mer couleur de rose, vineuse, couleur d’aubergine. Pendant longtemps j’ai cru que c’était du pipeau, mais finalement c’est vrai ! Donc en bateau, on n’arrive pas jusqu’à Athènes mais à environ 20 kms de là, au port du Pirée. Après on prenait un train tout déglingué appelé pompeusement « métro », mais rassure-toi maintenant il y a une ligne de métro ultra-moderne. Ensuite, c’est encore le métro, le bus ou un taxi et soudain au détour d’une petite rue aux maisons hautes, encore plus haut que les maisons, on aperçoit le temple du Parthénon sur une colline. Le temps de se retourner et c’est fini, on se retrouve dans le dédale des rues sans aucune perspective. Finalement le mieux c’est d’arriver en avion. L’avion tourne pour atterrir, on regarde les vallons pleins de soleil, les petites routes qui serpentent devant les maisons, la mer d’un côté, de l’autre des collines et tout en face au loin la ville d’Athènes. Il y a une colline plus haute que les autres avec dessus un « truc » qui brille au soleil. C’est l’Acropole !
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