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La première mention du nom Europe se trouve, semble-t-il, dès -750 dans la Théogonie d’Hésiode où elle est simplement nommée dans la longue liste des enfants engendrés par Océan et Téthys, la déesse de la mer. (Hés, Th. 357). Chez Hérodote, historien du -V°, elle apparaît presque fortuitement, comme un contre-exemple, au moment où l’historien remarque que la plupart des noms de régions sont fabriqués à partir d’un nom de femme :
« Pour l’Europe, de même que nul ne sait si elle est toute entourée d’eau, on est sans lumière sur l’origine de son nom et sur celui qui le lui imposa, à moins de dire que le pays reçut ce nom de la Tyrienne Europé ; elle aurait été en ce cas auparavant anonyme, comme les autres parties du monde. mais il est certain que cette Europé était originaire d’Asie, et qu’elle ne vint jamais dans ce pays que les Grecs appellent présentement Europe. Elle vint seulement de Phénicie en Crète, et de Crète alla en Lycie ( région de l’actuelle Turquie). En voilà assez là-dessus ; car en cette matière, nous suivrons l’usage consacré. » (Histoires, Melpomène, IV 45)
Ce texte nous apprend deux choses : Tout d’abord les délimitations géographiques et leurs noms ont beaucoup varié au fil des siècles et l’Europe géographique des Grecs de l’Antiquité n’a pas grand rapport avec la nôtre. Ensuite Hérodote a l’air agacé par une polémique dont il ne veut pas. Pour lui, il n’y a aucun doute sur les pérégrinations d’Europé, mais on sait qu’il est particulièrement crédule… Ca veut quand même dire que tout le monde, à l’époque d’Hérodote, ne croyait pas aveuglement aux mythes et que certains les critiquaient ouvertement.
Photo: Karpathos, Apella.(c) tous droits réservés à GP.