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Une série de cultes ont été dédiés à la princesse tyrienne Europé, dont en Crète la fête des Hellotia, pendant laquelle on transportait une longue guirlande de myrte- plante très odorante- qui renfermait, disait-on, les ossements d’Europé. Il faut remarquer qu’on faisait dans d’autres villes grecques des processions du même type en l’honneur d’Athéna et que, d’autre part, le mythe d’Europe présente bien des similitudes avec celui de la prêtresse Io qui fut, elle aussi, aimée de Zeus sous l’apparence d’une belle génisse et qui franchit, comme elle, la mer. Il semble qu’il y ait eu contamination entre les deux mythes. D’ailleurs, l’Europé de Moschos porte un panier d’or sur lequel sont gravées plusieurs scènes de l’aventure d’Io, comme une mise en garde subliminale qui aurait échappé à la jeune-fille. L’enlèvement d’Europé a été représenté sur une métope – plaque sculptée alternant avec un triglyphe au-dessus de l’architrave d’un temple – du trésor de Sicyone à Delphes, et également sur une métope du temple de Sélinonte. On la trouve aussi sur une hydrie – vase pour servir de l’eau- conservée au Vatican, une fresque de Pompéi et un cratère – coupe pour mélanger le vin et le boire- du peintre de Berlin conservé au musée de Tarquinia en Etrurie. Europé apparaît tantôt seule, tantôt accompagnée d’Hermès et d’Eros, ce qui est un résumé de sa vie : amour et voyage, mais toujours confiante et enjouée.
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