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Le double sens géographique et onomastique Europe, attesté très tôt dans les textes, se retrouve également dans la légende. Que dit-elle ? Il faut se reporter au Dictionnaire de la mythologie et des antiquités grecques et romaines de Pierre Lavedan, mais en résumant on peut dire que cette jeune princesse phénicienne de Tyr est aimée de Zeus qui la métamorphose en taureau et la transporte de Phénicie jusqu’en Crète sous un arbre qui, depuis, reste toujours vert. On ne peut que remarquer la proximité de cette version avec la légende d’Io, transformée elle-aussi par Zeus en vache et condamnée à courir droit devant elle en abandonnant son pays et sa famille. Une version plus répandue assure que c’est Zeus lui-même qui, transformé en taureau, aperçoit la jeune-fille jouant avec ses compagnes et qu’il l’enlève en la faisant monter sur sa croupe. C’est ainsi qu’elle met au monde, près de Gortyne dans la partie centrale de la Crète, trois grands rois crétois qui, après leur mort, deviennent juges des Enfers. De près ou de loin l’histoire du taureau crétois – dont plusieurs légendes se disputent le « personnage »- se trouve justifiée par l’intervention ou la présence même de Zeus. Après sa mort, Europé fut transformée en constellation. Une variante assure qu’Europé est arrivée non pas en Crète mais à Thèbes. Il faut y voir une justification de la fondation de cette ville par son frère Cadmos, contraint de parcourir une bonne partie du territoire qui avait reçu, justement le nom d’Europe, car leur père lui avait ordonné de partir à la recherche de sa soeur et de ne pas revenir sans elle. C’est ainsi qu’épuisé et contraint à l’exil perpétuel, le malheureux se fixe à Thèbes. Il y fonde une dynastie qui cache peut-être une colonisation plus orientale et qui se trouve ainsi « consacrée » à la fois par l’intervention divine de Zeus et par le destin qui n’a pas permis à Cadmos de revenir chez lui.
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