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Malia est un site formidable, une vue dégagée d’un côté sur les plaines et les plages crétoises et de l’autre sur la montagne du prophète Elie, un environnement encore naturel, des édifices amples et de grands escaliers magnifiques qui invitent à se poser un instant sur une marche de pierre froide pour regarder le paysage alentour… Là on pense à tout ce qui est encore inconnu, sans réponse… A quoi peut bien servir ce diable de disque garni à sa circonférence de 34 cupules creusées dans la pierre, que l’on peut compter à partir d’une plus grande comme le point de départ d’un jeu dont nous ne connaissons plus les règles ? Et ce trou au centre ? Est-ce pour positionner un axe et faire tourner la meule de pierre comme une lourde loterie, ancienne tombola de l’époque ? Bien sûr, les archéologues ont trouvé une explication rationnelle et rassurante. C’est un kernos pour offrir les prémices aux dieux… Ca fait quand même beaucoup de prémices… trois grains d’orge, autant de millet, deux olives, un peu d’huile, du lait, peut-être une autre céréale, des fleurs… j’arrive difficilement à 7 … Qu’est-ce qu’il y avait dans les autres petites cuvettes de pierre ? J’en reviens toujours à l’hypothèse iconoclaste du jeu, peut-être l’ancêtre de l’awalé ou du solitaire ? Mais évidemment, je ne vais pas raconter ces pensées coupables à tout le monde.. Et j’en suis là de mes réflexions… quand tout à coup une petite chorale improvisée sur les marches du grand escalier de Malia entonne le Se Canto, cher aux coeurs du sud-ouest de la France… Bon ! Je sors ma réserve contre le mal de mer… et je paye à cette poignée d’humanité chantante une petite gorgée d’ouzo bue à la régalade… D’ailleurs offrir à boire, régaler quelqu’un se dit κερνάω en grec moderne… Encore un coup du kernos !
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