Temps de lecture: 3 minutes
On a l’habitude d’appeler « Abeilles de Malia » ce pendentif en or qui mesure environ 6 cm sur 5 et a été trouvé en Crète dans la nécropole de Chryssolakkos avec tout un ensemble de bijoux datant du -XV° siècle. Il semblerait que ce soit plutôt deux guêpes de profil et « affrontées », si l’on peut employer ce terme pour des insectes, qui se déploient harmonieusement autour d’une ligne centrale figurée par les charges qu’elles portent entre les pattes. Entre leurs mandibules une boule d’or simule sans doute une charge de pollen qui commence à être mastiqué et certains y ont vu une goutte de miel. Entre leurs pattes entrelacées un plus grand cercle granulé représente la charge de pollen de réserve accroché aux pattes arrière. La symétrie se termine par la jonction des deux abdomens dissimulant les dards. Ce qui paraît curieux ce sont à la fois les éléments peu réalistes, comme l’identification hasardeuse des insectes : yeux et ailes trop grands pour être ceux d’abeilles, nombre de pattes réduit, thorax et abdomen trop longs… et les éléments symptomatiques qui font qu’on identifie immédiatement la scène : grains de pollen… Sous les deux ailes et à la jonction de l’abdomen des guêpes, trois pampilles rondes, bordées de petites boules selon la technique de la granulation, pendent au bout d’un tortillon d’or. Les insectes sont surmontés d’une sphère faite de joncs exécutés en filaments d’or qui en délimitent des tranches. On aurait tendance à imaginer une technique rudimentaire pour une époque si ancienne… Or, on est surpris par l’exact positionnement des éléments, la régularité des décors (stries des ailes), leur finesse (anneaux de l’abdomen, contour des yeux…) et la maîtrise extraordinaire de la technique de la granulation qui nécessite précision, régularité et connaissance approfondie du travail des métaux. L’harmonie générale qui se dégage de ce bijou, outre la symétrie, tient sans doute à la simplicité de la scène figurée alliée à l’extrême complexité du travail de l’orfèvre.
Photo: Abeilles de Malia, Musée d’Héraklion.