Tékés, bouzoukia et baglamas

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Les tékés évoquent l’Asie- Mineure, les réfugiés de 1922,  la misère noire,  la pègre, la drogue et finalement tout ce que les Grecs préfèrent oublier. Quelques décennies plus tard, les salles populaires où on peut entendre des rébétika prennent le nom « plus grec »  de  bouzoukia, du nom de l’instrument fétiche utilisé par les musiciens το μπουζούκι. C’est un instrument à doubles cordes, ce qui donne un son très particulier de vibrato. Dans la même catégorie il y a le laouto λαούτο (sorte de gros bouzouki), le baglamas μπαγλαμάς (de format plus petit), la mandoline, la lyre λύρα puis le santouri  σαντούρι originaire d’Asie-Mineure ( l’instrument de Zorbas). Le tambour νταούλι rythme la danse mais le son qui domine est celui du zournas ζουρνάς sorte de hautbois au son nasillard, venu lui-aussi d’Asie-Mineure. On trouve également la flûte φλογέρα, l’accordéon et toutes sortes d’objets détournés pour battre le rythme ou tout simplement faire du bruit : des sortes de castagnettes/cymbales à main déjà connues dans l’antiquité et appelées zilia, des dos de cuillères et même les doigts dans les verres qu’on entrechoque. Les musiciens sont souvent de très bons professionnels, la mélodie est codifiée, par exemple le rébétiko commence toujours par un solo instrumental το ταξίμι … il n’empêche qu’il a toujours l’air « bricolé ». C’est même sa marque de fabrique avec la voie éraillée des chanteurs et également des chanteuses, il est vrai moins nombreuses.

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