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On a quelquefois l’impression d’un décalage entre l’adjectif et le nom en ce qui concerne l’accentuation. Prenons un exemple qui traîne dans toutes les grammaires grecques et bien souvent sans explications : la nymphe heureuse.
ἡ μακαρία νύμφη Le masculin μακάριος n’a pas le même accent, car la finale est brève et l’accent est de type : ὺυυ. Mais au féminin l’α final est long, l’accent est toujours sur le 3° temps mais il a changé de syllabe, il descend : ὺ –
μακαρία νύμφη
τὴν μακαρίαν νύμφην
τῆς μακαρίας νύμφης
τῇ μακαρίᾳ νύμφῃ Pour l’instant, rien ne change. Tant que la finale est longue, il ne peut rien se produire.
αἱ μακάριαι νύμφαι La finale est brève, mais pour le nom ça ne change rien puisque l’accent n’a pas de place pour remonter. Où pourrait-il aller ? Nulle part ! Par contre dans le cas de l’adjectif, il peut remonter jusqu’à la place de l’accent du masculin. En effet, pour les adjectifs c’est l’accent du masculin qui bloque. Au-delà de cet accent premier, il ne peut remonter quoi qu’il arrive: ὺυυ.
μακάριαι νύμφαι
τὰς μακαρίας νύμφας L’accent du nom reprend sa place de départ avec une finale longue. Idem pour l’adjectif.
τῶν μακαρίων νυμφῶν Là c’est le branle-bas de combat ! L’accent du nom descend sur la finale à cause d’une contraction cachée νυμφάων, matérialisée seulement par l’accent circonflexe. Pour les adjectifs rien ne bouge car il n’y a pas de contraction.
ταῖς μακαρίας νύμφαις Même cas de figure qu’au départ. L’accent de l’adjectif suit docilement sa syllabe et son 3° temps et celui du nom se tient tranquille car c’est de toute façon son accent premier !
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