Temps de lecture: 2 minutes
Autant on aurait jugé, dans d’autres pays, inapproprié pour les artistes et dérangeant pour le public de se lever pour danser pendant le concert, autant c’était naturel en Grèce et même signe du succès de l’interprétation. Les musiciens jouaient du bouzouki ou bien du blaglamas, qui est un petit bouzouki, le chanteur interprétait sa chanson, le public applaudissait sans attendre la fin, les gens se levaient pour danser, sans parler des serveurs qui entrechoquaient les verres en servant les clients et de tous ceux qui entraient et sortaient de la taverne. Il fallait avoir l’âme chevillée au corps pour arriver à chanter dans cette pagaye. Les chanteurs à succès avaient des voix souvent rocailleuses et puissantes, les paroles étaient fortes comme des cris. Pour s’en convaincre, on peut écouter Sotiria Bellou, star du rébétiko dans les années 50/60. Que danse-t-on dans la salle de spectacle ? A la fois des danses traditionnelles anciennes originaires d’Asie-Mineure, comme le hassapiko la danse des bouchers, le zéïbékiko danse des montagnards et le tsiftétèli danse des tsiganes et d’autres rythmes plus autochtones comme le syrtos et ses dérivés. Les accents orientaux qui se révèlent dans les rébétika ne proviennent pas seulement de la danse mais également des instruments de musique et des rythmes issus de l’amané, chant oriental de désolation ponctué de « aman, aman » que l’on peut traduire par « hélas, hélas ! ».
Photo: Bouzouki. (c) tous droits réservés à GP.