On a eu les Zazous…

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… et les Grecs ont eu les rébètes, à ceci près que les Zazous français pendant la dernière guerre mondiale ne chantaient pas forcément ! Et pourtant ces deux groupes avaient presque le même code vestimentaire. Comme les rébètes, les Zazous portaient de larges pantalons resserrés sur le coup de pied et à la ceinture, et des chaussures pointues.  Leurs chemises étaient dépourvues de cravate et ouvertes sur la poitrine. Un chapeau « mou » dévissé n’importe comment sur la tête… et sans doute aussi un couteau dans quelque poche du veston trop grand et aux épaules sur-dimentionnées…  La ressemblance s’arrête sans doute là, car le Zazou de Montmartre n’a pas créé un genre musico-littéraire, si on excepte Charles Aznavour après la guerre qui swingue et swingue encore. Encore qu’être Zazou pendant la guerre, surtout quand on a le teint un peu bronzé, c’est faire acte de résistance, comme le rébète résiste au travail, à la police, aux bourgeois et à la vie rangée en général.  Par contre le Zazou ne se maquille pas, alors que les rébètes arborent un maquillage à la Johnny Depp dans « Pirates des Caraïbes » ! L’autre différence est l’art d’enfiler seulement une manche de son veston alors que généralement les gens qui veulent montrer leur décontraction posent leur veste sur les épaules sans enfiler aucune manche. C’est que la manche restée libre peut s’enrouler autour du bras et permet de protéger le visage en cas d’attaque à l’arme blanche. Finalement l’accoutrement des rébètes sert à montrer à tous qu’on est différent, qu’on rejette les codes bourgeois et qu’on se moque éperdument de ce que pense le commun des mortels, car l’habit c’est le premier signal visible par tous de ce qu’on est ou de ce qu’on veut être…

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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