Délit de « sale gueule ».

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En 1922, plus d’1 500 000 réfugiés arrivent en Grèce en provenance de la région de Smyrne dans ce qu’on appelait alors l’Asie-Mineure. Ils fuient la ruine, les exactions des Turcs, la mort certaine et les grecs doivent absorber l’équivalent de 25% de leur population. C’est dire que personne n’a de leçon à donner aux Grecs en ce qui concerne l’accueil de migrants. Il est vrai que ces exilés sont de langue grecque, même s’ils habitent la Turquie depuis des siècles pour certains. En arrivant à Syros, à Thessalonique, à Nauplie ou au Pirée, ils créent des quartiers bidons-villes comme Νέα Σμύρνη  Néa Smyrni, car tout le monde n’est pas fils d’universitaire comme Georges Séféris. C’est la spirale du chômage, de la petite délinquance puis l’expérience de la boisson et de la drogue dans les tékés, bouis-bouis à la clientèle interlope. L’étape suivante, c’est la prison ! Et d’ailleurs le rébète est fier d’être allé en prison, c’est même là qu’il est vraiment devenu rébète en créant avec presque rien des chansons qui sont de véritables cris de révolte et de revendication. Mais on est très loin des esclaves qui chantent le blues, on est plus près des caïds qui vivaient sur les fortifications à Paris et dont on parle dans les chansons réalistes du XIX° siècle. En prison il chante l’amour, oui mais l’amour vache ! La pauvreté, oui mais celle que la société inflige, le dieu qui oublie les hommes, la répression policière… Et quand il est libéré, il s’amuse à aller provoquer le bourgeois jusque sur la place Kolonaki à Athènes !

Photo: Les toits du vieil Athènes. (c) tous droits réservés à GP.

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