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L’univers du mirologue est assez simple, dans le sens d’immédiatement compréhensible par chacun… Ses thèmes -parfois dissociés, parfois liés – la douleur, la mort, l’éloignement … on connaît. Le voyage, celui dont on ne revient pas, également. La pleureuse/chanteuse/poétesse est la plupart du temps une parente, une voisine, de toute façon quelqu’un qu’on rencontre dans la vie de tous les jours. De quoi parle-ton dans le mirologue ? de jardin, de maison, d’arbres comme le cyprès, de fleurs comme le jasmin, des quatre nattes de la chevelure des femmes, de la taille souple des hommes et de leurs bras forts… C’est l’univers quotidien, raconté par une femme que l’on connaît très bien, à propos de la mort d’un parent ou d’un voisin… Mais cette proximité dans les détails cachent une plus grande complexité. Et d’abord une versification tarabiscotée qui échapperait sans doute à la conceptrice du mirologue si elle ne faisait pas déjà partie d’un fonds très ancien, celui des chansons populaires. Vous vous voyez, vous, faire des vers iambiques υ-? Moi, non ! … et en plus des décapentasyllabiques (15 syllabes) qu’on appelle aussi vers politiques ou bien des décasyllabiques (10) ? C’est désormais la place de l’accent qui détermine le schéma rythmique plutôt que l’alternance des voyelles longues et brèves… et finalement c’est heureux !
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