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D’ailleurs les rébétika, ne sont pas si vieux que ça ! Ces chansons d’un genre unique sont nées en Asie-Mineure au milieu du XIX° siècle et ensuite ont voyagé jusqu’en Grèce dans les années 20. Ils se développent chaque fois que le pays est dans la tourments : exodes et déplacements de populations pendant la Grande Catastrophe d’Asie-Mineure, seconde guerre mondiale, guerre civile. On considère qu’on a composé des rébétika jusque dans les années 70, avec plus ou moins de réussite après l’essor des années 50. Le terreau de ces chants, c’est la misère de la société grecque qui de rurale devient industrielle. Et celui qui les crée, c’est le rébète ο ρεμπέτης, mot d’origine turque qui signifie fainéant, bon à rien. Nul doute que les récents événements qui bouleversent la Grèce actuellement : crise économique et récession, arrivée des migrants à Lesbos, crise sanitaire généralisée font réapparaître un engouement pour ce cri de souffrance que sont les rébétika car ces chansons suivent les déplacés, les migrants, les exilés, les pauvres et les déclassés. D’ailleurs depuis une vingtaine d’années, des chanteurs de tous pays reprennent les anciennes chansons et les remettent encore au goût du jour et leur donnent une sonorité particulière. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le groupe franco-américano-brésilien Birds on wire chanter en polyphonie Συννεφιασμένη Κυριακή et de comparer leurs voix aériennes aux accents de chants byzantins à celle du créateur Tsitsanis, rauque et rocailleuse… On a l’habitude de dire que les rébétika appartiennent à la sous-culture urbaine, mais au fil des ans ces chansons de marginaux plus ou moins anarchistes ont gagné leurs lettres de noblesse et on peut plutôt dire qu’ils appartiennent à une contre-culture.
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