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Manifestement l’épaisseur de la bulle invisible qui enveloppe chaque individu et qu’on appelle « intimité » est moindre en Grèce que… partout ailleurs ! Si dans certains pays, pour se dire bonjour on se contente de faire un petit signe raide de la main depuis l’autre côté de la rue, en Grèce on vous touche la main, le bras voire la figure sans penser à mal. Des souvenirs me reviennent en foule : Dans un car de tourisme la mère d’une de mes amies s’assied à côté d’un copain et, bien qu’elle ne le connaisse pas plus que ça, lui caresse le genou avec insistance et même lui tapote les joues avec entrain. Gêne du copain qui se doute bien qu’il n’y a rien de sexuel là-dessous vu l’âge de la dame… mais quand même ! Dans la chambre que je partage avec Olga, j’ai pris l’habitude de m’habiller et de me déshabiller à la six quatre deux derrière le battant de la porte pour prévenir toute intrusion de la mère, de la tante, voire du petit frère ! Evanguélia s’assoit sans façon sur le lit où je dors… et accessoirement sur mes pieds et me réveille pour me raconter ses relations clandestines avec Tryphon, un beau garçon du village. J’ai du mal à apprécier son histoire d’amour à 2 heures du matin, d’autant que voilà mes pieds menacés d’ankylose! Le dentiste qui habite en face de notre colocation à l’Ancienne Phalère soigne ses clients la porte grande ouverte. Je passe en catimini dès que je vois des souliers à l’horizontale sur le fauteuil du praticien, mais il me hèle et me propose sans honte d’aller passer un week-end à Egine avec lui. Sa patiente, la bouche ouverte et les yeux écarquillés, a l’air d’approuver et de me dire que c’est un bon parti ! Bref, en Grèce la bulle d’intimité est mince, et même très mince ….
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