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Il arrive que certaines lettres fuguent puis rentrent au bercail… et pourquoi donc ? Conjuguons le verbe rester à l’aoriste : μένω/ έμεινα, έμεινες, έμεινε. On constate que le radical en -ε du présent s’est allongé en – ει à l’aoriste et que l’augment est bien là pour attester qu’on est dans le passé. Jusque-là tout va bien. Μείναμε, μείνατε … Tiens, où est passé l’augment ? Εn grec moderne, l’augment ne subsiste que s’il est accentué. Or, aux deux premières personnes du pluriel il serait sur la quatrième syllabe, ce qui est impossible. Έμειναν. Tiens, le revoilà ! Et c’est pareil pour le verbe apprendre μαθαίνω /έμαθα, donner δίνω /έδωσα…etc. Quelle leçon en tirer ? Lorsque le radical de l’aoriste comporte seulement 2 syllabes, l’augment disparaît aux deuxième et troisième personnes du pluriel. Et quand il y a trois syllabes ? Il n’y a plus du tout d’augment car il ne sera jamais accentué : lire διαβάζω/διάβασα, chanter τραγουδώ/ τραγούδησα.
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