La vérité est-elle toujours bonne à dire ?

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La réponse est « oui » ! On pense souvent que les abandons d’enfants, ce qui est un terme très édulcoré puisque les enfants « exposés » étaient voués à la mort, étaient le fait de rois et de reines contraints de le faire pour des raisons « politiques » ou à la suite d’un oracle embarrassant, ou bien de populations très pauvres qui étaient dans la survie…. Mais les recherches ont montré que ce n’est pas certain. L’enfant royal abandonné -Oedipe… et les autres princes… un motif récurent de la mythologie et de la littérature- excuserait en quelque sorte cette pratique en l’auréolant de la malédiction d’un sort funeste  s’exerçant au plus haut niveau. Il déplace la responsabilité vers d’autres acteurs, de même que dans le cas de l’extrême pauvreté. On sait maintenant que les filles étaient plus exposées que les garçons, et même dans les milieux aisés où l’on n’avait guère d’excuse pour se débarrasser des enfants. Il semble que la coutume était  assez courante et utilisée comme régulation des naissances. On a découvert près de thermes, connus dans l’Antiquité pour être des foyers de prostitution, des dizaines de petits squelettes placés dans le creux de deux tuiles réunies sans qu’on puisse déterminer s’il y avait plus de filles que de garçons. Oui, on doit aux Grecs l’idée de personne et de différenciation de l’individu. Oui, les Grecs croyaient que certains être humains avaient plus de valeur que d’autres. Oui, les Grecs abandonnaient les enfants dont ils ne voulaient pas. Et oui, en faisant cela les Grecs savaient que ces enfants allaient mourir.

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