La musique, la douleur …

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Dans la tragédie Médée, Euripide fait dire à la nourrice des enfants de Jason et de Médée :

« On dit sages les hommes d’autrefois.

On se tromperait moins en les disant fort sots.

Ils ont su trouver des chants pour les fêtes,

pour les banquets, pour les festins,

musique qui orne la vie.

Mais pour un chagrin qui vous met en enfer,

traînant derrière soi les morts et les revers affreux

qui sont la ruine des maisons,

nul n’a su découvrir les mélodies et les concerts

qui puissent l’apaiser. »

La nourrice semble ignorer la tradition du θρῆνος, le thrène qui remonte sans doute à près de 3500 ans ! Dans Homère, Hécube se lamente sur Hector et toute l’Iliade est une lamentation sur les malheurs de la ville. Est-ce de cette tradition de déploration que va naître ensuite le chant de mort, appelé το μοιρολόι  le mirologue, littéralement la parole du sort ? Car η μοίρα c’est le sort qui nous est donné en partage à la naissance, donc la mort. Cette lamentation funèbre, chantée exclusivement par des femmes sans le recours d’aucun instrument de musique, est sans doute une des manifestations les plus poignantes de la douleur humaine.

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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