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L’atmosphère des romans est quelquefois plus importante et significative que le roman lui-même… Quand on lit les romans policiers de Yannis Maris, on est pris dans une sorte de routine, de ronron qui finit par nous anesthésier. Je ne suis pas en train de dire que Maris est nul, au contraire, il sait parfaitement nous enrouler et nous rouler… En général on évolue, et le commissaire de police avec nous, dans un mode interlope de petits trafiquants de cigarettes de contrebande, de revendeurs à la sauvette, de call girls, de pauvres types et de bons à rien. Dans ces deux dernières catégories, on peut mettre également des fils de famille qui trichent aux cartes, des filles riches et désoeuvrées et des mères possessives qui bronzent sur des yachts. On aperçoit rarement les petits qui travaillent pour vivre, si ce n’est la femme de chambre qui a découvert le corps, le barman qui croit avoir aperçu le tueur … Les besogneux sont là uniquement quand on a besoin d’eux pour faire avancer l’intrigue. C’est pour ça qu’on est toujours étonné quand on voit enfin le monde du travail ! Enfin… pas trop… On voit le caissier de la banque à travers les yeux du narrateur qui se trouve être en fait le directeur de la succursale. On voit le pharmacien qui entre dans la banque et le juge de paix qui joue aux cartes. Tous ces gens ne sont que des éléments d’un décor dans lequel le héros ou l’héroïne évolue. Ils contribuent à l’atmosphère banale, routinière et quelquefois pesante voulue par l’auteur. Inutile de nous attacher à eux, on n’en saura pas plus sur leurs petites affaires, la seule chose qui compte c’est le psychisme du personnage principal, les affres qu’il vit et comment il les vit !
Photo: Ancien quartier d’Athènes. (c) tous droits réservés à GP.