Temps de lecture: 3 minutes
Si vous voulez dire : « je veux manger du raisin », il faut vous demander avant si l’action dure ou non. Evidemment tout est relatif… car vous n’allez pas mastiquer votre grappe de raisin pendant des heures, mais vous ne l’avalez pas non plus sans mâcher les grains… C’est bien la chance des néo-hellénistes d’être toujours en train de se trimballer un aoriste et de le triturer en tous sens avant d’articuler quoi que ce soit ! C’est que dans la vie grecque, il y a plus de choses momentanées que de choses qui durent… c’est du moins ce que tente de nous démontrer l’aoriste…. De toute façon ne vous fatiguez pas, neuf fois sur dix, le grec considère que l’action ne dure pas, même quand le verbe nous semble en lui-même duratif : rester, dormir… malgré quelques exceptions comme attendre… Mais c’est le monde à l’envers, me direz-vous ? Que le monde grammatical soit à l’envers n’a rien d’extraordinaire -on a vu pire- mais ce qui est plus embêtant c’est que cette instantanéité va obliger à employer une racine tirée de l’aoriste parce qu’il porte en lui, justement, l’aspect du momentané. Donc inutile de dire : θέλω να τρώω… je veux manger, vous allez faire rigoler tout le monde ! (à suivre)
Photo: (c) tous droits réservés à GP.