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… dans les romans policiers de Yannis Maris ! La nouvelle intitulée Crime à Hydra commence avec une devinette… Le héros entrevoit le début du titre d’un livre qu’une jeune fille est en train de lire, il en conclut que c’est le roman de Sagan Aimez-vous Brahms ? et ce roman va lui fournir un prétexte pour l’aborder. Et d’ailleurs, ça marche ! Maria, qui va bientôt mourir et dont il va tomber éperdument amoureux, est une riche dilettante qui se pique d’érudition. Elle s’excuse presque de lire un roman si léger, alors qu’elle est exactement à sa place en lisant ce roman, car elle est devant son propre reflet : des héros riches et désoeuvrés, qui jouent bêtement leur existence pour des riens, qui font semblant de s’amuser en s’ennuyant ferme, ou qui s’ennuient ferme en faisant semblant de s’amuser, des êtres légers et charmants, des êtres inconsistants à qui il manque la souffrance et le poids de la vie. Maria ne va prendre de l’épaisseur que dans la mort. Il est vrai que Délavéris le héros/antihéros du roman, en se mettant à l’aimer, va recomposer après sa mort une Maria idéale et qui lui convient mieux. Cette nouvelle héroïne n’est peut-être pas si éloignée de celles de Sagan qu’il faut lire entre les lignes, avec son coeur …
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