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A quelques encablures du centre de Pighadia, la ville principale de l’île de Karpathos, on aperçoit presque au bord de la route qui monte vers le nord un alignement de colonnes très minces, très élégantes et qui se découpent en dentelle sur le panorama de la ville.
Ce site ouvert… ou presque, car il suffit d’enjamber un fil de fer symbolique pour y accéder, est connu sous le nom d’Agia Fotini. Cette basilique paléochrétienne a été édifiée aux V° et VI° siècles sur les ruines plus anciennes d’un temple. Il ne subsiste plus de ce sanctuaire antique rectangulaire que le pronaos avec 2 colonnes doriques et leur chapiteau et 2 colonnes plus minces, au chapiteau orné de feuillages, qui délimitent la porte. On repère aussi sur le soubassement du temple 2 bases de colonnes ainsi que des fûts roulés à terre qui suggèrent une colonnade sur son pourtour. Le mur entre le naos et le pronaos est orné de plaques de marbre décorées de symboles solaires (roue ceinturée d’une couronne de feuilles d’olivier) qui cohabitent avec des symboles chrétiens plus récents : entre les palmes des chapiteaux corinthiens des petites colonnes a été introduite une croix et une grande croix a été gravée sur le fût même de la colonne. Le fond du naos, surmonté de trois degrés de pierre, a été transformé en choeur d’église, une pierre creusée placée au centre en fonts baptismaux.
La proximité de la mer, la légèreté de l’ensemble architectural, la ville en toile de fond, le réemploi intelligent de la structure de pierre ainsi que la réaffectation du lieu de culte, qui en a fait un lieu vivant pendant plus de 25 siècles, rendent ce lieu dédié à la Lumière tout à fait unique.
Photo: Agia Fotini, Pighadia, Karpathos. (c) tous droits réservés à GP.