Lord Byron, oui! Lord Elgin, non!

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Deux lords anglais, presque de la même génération (Elgin 1766- 1841 et Byron 1788-1824), deux amateurs de la Grèce, que tout oppose. L’un a aimé et aidé les Grecs, l’autre les a spoliés. Le poète Byron dès sa jeunesse mène une vie de débauches et d’aventures et se lance des défis sportifs malgré une infirmité au pied qui le fait boiter. Puis il se démène pour aider les résistants grecs dans leur guerre de libération contre l’empire ottoman et arme à ses frais un bateau pour les insurgés. Adulé des Grecs, il meurt jeune,  au milieu des marais de Missolonghi, de la tuberculose ou peut-être du paludisme. Deux décennies plus tôt, le diplomate Lord Elgin, ambassadeur auprès de la Sublime Porte à Constantinople, avec l’accord et la complicité du sultan s’empare des plus belles sculptures de l’Acropole d’Athènes : Frise du Parthénon, Caryatide de l’Erechthéion, frise du temple d’Athéna Niké… Elgin finit tristement sa vie, détesté des Grecs et quasi prisonnier de Napoléon à Paris, après toute une série de scandales et d’avanies en tous genres, mais ce qui lui colla aux basques ce furent les centaines de caisses de trésors de la sculpture grecque qu’il rapatria en Angleterre et qui se trouvent aujourd’hui au British Museum. Ce qu’on lui reproche surtout c’est d’avoir découpé n’importe comment métopes et sculptures, d’avoir fait tant et si mal que le nouvel ambassadeur britannique, horrifié, renonça de lui-même à cette barbarie !

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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