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… est désormais un concept complètement dépassé. Bien sûr, on peut toujours constater que telle langue se prête mieux à l’exercice de la philosophie, telle autre de la poésie ou toute autre activité humaine… mais l’idée que l’une est meilleure que l’autre est pour un linguiste (pas trop borné) une hérésie ! Chaque groupe humain sécrète et adopte la forme linguistique qui lui convient le mieux… et souvent se bat pour elle ! En relisant une lettre de Voltaire à l’impératrice Catherine II de Russie, je tombe sur une phrase qui me fait littéralement trébucher : « Si votre Majesté va s’établir à Constantinople, comme je l’espère, il (Galatin) apprendra bien vite le grec ; car il faut absolument chasser d’Europe la langue turque, ainsi que tous ceux qui la parlent. » L’idée qu’un hellénophone ne puisse pas ou ne veuille plus apprendre le turc est stupide ! Du temps de la Turcocratie, bon nombre de Grecs connaissaient le turc et réciproquement. On aurait tout intérêt à maîtriser ces deux langues que tout oppose linguistiquement mais que tout rapproche géographiquement. En somme, pour Voltaire, le grec constituerait une sorte de vaccin anti-turc ! Le chantre de la tolérance ( pas ici en tous cas…) pourrait dire à l’instar des Poilus de 14 qui buvaient une bouteille : « Encore un que les Turcs n’auront pas ! »
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