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Je fouille encore dans l’histoire compliquée et foisonnante du Troisième anneau de Costas Taktis et les références antiquisantes qui s’immiscent dans le récit me font sourire. A propos d’une importune : « Pour Marietta, Erasmia, c’était « personne », tout comme Ulysse pour Polyphème. » Pour un mari trompé : « Quand une femme s’est mariée deux fois, que son second mari est cardiaque et paralysé et que sa femme est encore jeune, point n’est besoin d’être un Tirésias pour deviner l’avenir. » Une servante aigrie : « Nous devînmes amies, et même Marietta, le Cerbère de la maison la prit en sympathie (…). » L’Antiquité, c’est la cour de récréation de tout Grec, le fonds où il puise à pleines mains … quand ça l’arrange ! Car on juge bon de remiser l’Antiquité à sa place si le besoin s’en fait sentir. Quand Nina, pendant la guerre civile, a besoin de plâtre pour la jambe cassée de son neveu, elle n’hésite pas une seconde à s’emparer du plâtre destiné à un bas relief : « -Mais, ma pauvre Athéna, lui dis-je, qu’est-ce que tes bas-reliefs viennent faire ici ? Tu es une femme, essaie d’être logique. Ce qui compte en ce moment, c’est de vivre. Le temps des bas-reliefs viendra plus tard. Tu ne vois pas qu’on vit en enfer ? Je ne partirai pas sans plâtre. Au besoin, je m’assiérai par terre jusqu’à ce que j’en aie suffisamment. »
Photo: Santorin, Ancienne Théra, sanctuaire d’Artémidoros. (c) tous droits réservés à GP.