Icône, nom commun, féminin…

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… au sens d’image, puis d’image sainte, puis de représentation de saints, du Pantocrator ou de la Panagia sur un mur d’église ou un support de bois et maintenant, il faut compter avec le terme barbare d’ icône tantôt masculin tantôt féminin, celui des informaticiens … Actuellement, on trouve des icônes bon marché faites au moyen de décalcomanies standard et la relative liberté d’interprétation des artistes s’en trouve encore appauvrie. Car la peinture d’icône est très codifiée. Rien n’est laissé au hasard, ni le bois du support, ni l’enduit de préparation, ni les thèmes abordés, ni les couleurs, ni les positions très caractéristiques des mains et des doigts des personnages. L’artiste est coincé au milieu de règles rigides et il doit dans ce carcan faire oeuvre originale et quasi sainte. D’ailleurs on ne compte plus le nombre d’icônes qui seraient faites sans intervention humaine εικόνα αχειροποιητή, littéralement sans mains, i.e. directement de la main de dieu.

Qu’en pense l’écrivain crétois Pandélis Prévélakis, dans sa Chronique d’une cité, qu’il consacre à sa ville de Réthymno? «  Nul n’était libre de choisir les sujets des fresques (des églises) qu’il devait peindre. Les thèmes iconographiques étaient fixés par des synodes et nul n’y pouvait rien changer. (…) Peindre une église, voire une simple icône, est un art sacré, très supérieur aux autres. Le peintre chrétien, même s’il vit dans le monde, n’est guère différent du moine. (…) Son âme doit avoir la limpidité du cristal, et c’est alors seulement que la Grâce divine descendra sur lui et que la sainte icône naîtra de ses pinceaux. »

Chronique d’une cité, Pandélis Prévélakis, NRF. Traduction: Jacques Lacarrière.

Photo: (c) tous droits réservés à GP.

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