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Au II° millénaire, de nombreuses statuettes minoennes en terre cuite représentent des femmes sur un socle figurant une jupe, en particulier la Déesse aux bras levés, retrouvée à Gazi et exposée avec ses copines au musée d’Héraklion. Elles ont un geste stéréotypé assez éloigné de la posture naturelle et des bras sans vraisemblance anatomique. Certains y ont vu une ressemblance avec les cornes minoennes …. On s’accorde du moins à dire que ce geste de salutation symbolise la prière ou l’invocation. Mais la plus connue est sans doute la Prêtresse aux serpents retrouvée à Gournia. Savez-vous qu’elle a une jumelle ? Une prêtresse dont les serpents font comme de très longs bracelets ? Ces deux statuettes de petite taille en faïence devaient elles aussi avoir un socle car on a retrouvé les coquillages qui l’ornaient….. Les Prêtresses aux serpents portent le vêtement crétois : jupe large et longue, tablier et corsage étroit qui laisse la poitrine découverte et sur leur tête une tiare ornée de serpents avec – un peu curieusement- une panthère au-dessus. Si leur représentation nous donne une idée bien concrète de la mode du temps au palais de Knossos, il est plus difficile d’expliquer la position de leurs bras. D’autant qu’il faut avouer tout de suite que la seconde statuette, celle qui a les bras entourés de serpents … éh bien … elle baisse les bras, et même elle les tient droit devant elle dans un geste théâtral ! Il est certain que les deux statuettes en faïence trouvées à Gournia sont d’une autre facture que leurs copines de terre cuite. Brandissant un serpent dans chaque main ou exibant un bracelet de serpents dans un geste assuré et triomphant, elles sont plutôt des dominatrices -d’où le nom de prêtresse- que de simples suppliantes.