Vous avez un pithos chez vous ?

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Non, je n’ai pas la place ! C’est que les pithoi sont très grands, très gros, très lourd et ça ne rentre pas sur un balcon… Les récipients antiques ont le plus souvent un but utilitaire. Les formes sont fonctionnelles et pas vraiment diversifiées. En général ils se composent d’un col, d’une panse, d’un pied et d’une ou plusieurs anses. Quant au pithos, c’est une grande jarre à fond plat – donc sans pied – en poterie rustique et robuste, car c’est un peu le silo, le container ou le frigo de l’antiquité. On y met de l’orge, des olives et du blé. Il faut que ça soit solide et costaud ! On en trouve de superbes à Akrotiri sur l’île de Santorin et d’énormes à Mallia et Knossos en Crète où ils peuvent dépasser 1,60m de hauteur. Pas question de les pencher pour prendre ce qu’il y a dedans… On monte sur une échelle posée contre la panse du pithos, on plonge dedans une grosse louche ou un autre récipient et on puise le contenu à l’intérieur. Les plus gros pithoi sont munis de trois ou quatre séries de petites anses bien alignées sur plusieurs hauteurs qui laissent perplexes … car elles ont l’air de ne servir à rien ! On ne voit ni comment les prendre en main, ni comment plusieurs hommes feraient pour déplacer de si grands pithoi ! La solution vient justement de ces petites anses … dans lesquelles on passait une corde pour chaque alignement, ce qui permettait – en démultipliant les forces – à autant d’hommes que de cordes de les déplacer plus facilement. Heu… ce ne devait quand même pas être une partie de plaisir !

Photo: Santorin, Akrotiri. (c) tous droits réservés à GP.

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