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Athènes, septembre 1972. Quand Χαρά m’a invité à passer quelques semaines dans son appartement de l’Ancienne Phalère, je n’ai pas bien saisi l’adresse de l’immeuble, c’était au téléphone, j’avais une excuse. Quand j’ai demandé à sa cousine Τούλα où c’était exactement, j’ai repéré que c’était à un angle de rue : στη γωνία ! Ce n’est pas grave, je demanderai à sa soeur Σοφία comment y aller… Sophia m’explique les bus que je dois prendre, la correspondance et pour finir, elle me glisse dans un souffle un nom interminable scindé en deux, me semble-t-il. Ai-je bien entendu : και ? Donc, il y a bien deux noms de rues puisqu’en toute logique, l’immeuble se trouve à l’angle …. Je vois où c’est, à peu près … Heureusement Αρετή, la meilleure amie de Χαρά, vient me chercher à l’hôtel de la rue Αθηνάς et nous faisons le trajet ensemble. Αρετή a vécu en Amérique et en Allemagne, elle a travaillé à la Shell Compagnie… elle a l’habitude …. et elle voit bien que je suis perdue ! Elle me fait répéter plusieurs fois d’affilée le nom de ces deux fichues rues ! Mais ce n’est que quand je suis devant l’immeuble de marbre gris clair, que je lève les yeux sur la plaque que je comprends enfin : Αγχίαλου και Δωδώνης … Je suis au coin de la rue d’Anchialos, gros village de Thessalie de 800 habitants dont je n’ai jamais entendu parler, et de la rue de Dodone, ancienne ville d’Epire connue pour son oracle ! Les prêtresses du bois sacré y interprétaient peut-être le bruissement des feuilles des arbres, mais aucune n’avait éclairé mon esprit !
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