Ali Bab… Pacha !

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Quand vous vous promenez à Arta, ville de l’Epire, on vous montre encore le gros platane aux branches robustes, qui daterait de l’époque d’Ali Pacha, Ottoman d’origine albanaise qui au tournant des XVIII° et XIX° siècles fut le pacha le plus haï de l’Epire. Ce serait là qu’il aurait fait pendre tous ceux – résistants, paysans et simples citoyens- qu’il avait vaincus, qui ne lui obéissaient pas, qui lui déplaisaient tout simplement ou qui refusaient de se convertir à l’Islam ! Et pourtant il avait élevé au rang d’épouse officielle une jeune grecque du nom de Kyra Vassiliki – sans doute une captive chrétienne… Toute sa vie, il tente de prendre le contrôle des régions qu’il administre par la terreur, la ruse, les alliances familiales et les manigances diplomatiques. Mariage avec la fille d’un pacha, alliance avec les Vénitiens, mise en place d’un réseau d’influence grâce à ses fils, massacres des populations et tortures en tous genres, virages vers le pouvoir central et revirements vers les possessions locales. Partout en Epire des foyers de résistance voient le jour, en particulier à Souli. Il fait tant et tant qu’il devient même indésirable au pouvoir ottoman qui tente de le chasser de son fief de Ioannina. Les Occidentaux – Lord Byron et Napoléon en tête – restent aveugles à ses exactions car Ali Pacha entretient des relations très cordiales avec eux, tout en jouant un double jeu avec le Divan à Istanbul, ce qui l’amènera à partir de 1820 à se révolter contre son propre sultan. Et ça, c’est la mort assurée !

Photo: Balcon à la turque. (c) tous droits réservés à GP.

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