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… que vous pouvez admirer à l’étage de la basilique Saint-Marc à Venise (du moins les copies) ont été enlevées à Constantinople et c’est un cadeau des Croisés ! Pourquoi une telle prodigalité ? Parce qu’elle ne leur a rien coûté … Les Croisés de l’an 1201 sont bien décidés à ne pas refaire la même erreur que ceux de la précédente croisade menée par Frédéric Barberousse qui, ayant emprunté la route du milieu des terres, n’a pas eu le succès escompté. C’est décidé, ils passeront par mer. Le hic, c’est qu’ils n’ont pas de nefs, du moins pas en nombre suffisant et ils décident donc de faire alliance avec les Vénitiens, les seuls susceptibles de leur procurer des vaisseaux. C’est un marché de dupes, car le Doge de Venise, le très rusé Dandolo, habitué à dire « oui » tout en pensant « non » exige une très grosse somme pour la traversée de chaque cheval (4 marcs) et de chaque homme (2 marcs). Toutes les bonnes paroles de Dandolo, qui n’hésite pas à verser des larmes en parlant du tombeau du Christ, font presque oublier aux Croisés qu’ils sont coincés sur la lagune de Venise et à la merci du Doge. Ils doivent se plier à ses conditions, car il faut bien le dire, ils n’ont pas l’ombre d’un marc pour payer la traversée – et ça les Vénitiens le savent – et de plus, ils ont versé imprudemment des arrhes… Ne nous y trompons pas, il s’agit d’un marché en bonne et due forme déguisé en épopée exaltante ! C’est pourquoi ils acceptent de laisser tout d’abord aux Vénitiens la ville de Zara, quand ils l’auront conquise… ou plutôt s’ils y arrivent ! Il s’agit de se partager les zones d’influences dans la Méditerranée, on est bien loin de l’idéal mystique des croisades !
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